L’entrepreneuriat a été un miroir que je n’avais jamais demandé
- Charlène SOUVENT

- 24 mai
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Je pensais que le plus dur, en créant mon entreprise, serait d'apprendre à vendre. En réalité, l'entrepreneuriat allait me renvoyer à des parties de moi que j'évitais depuis quarante ans.
Jusqu'en 2019, ma vie personnelle et professionnelle était chaotique.
Pas le genre de chaos que les gens remarquent de l'extérieur. Le genre de chaos silencieux qui s'installe quand on n'a pas les outils pour communiquer, pour entrer en lien avec les autres, pour faire confiance.
J'avais des conflits permanents avec mes parents que je n'arrivais pas à résoudre. Un rôle de mère que je vivais difficilement, sans savoir comment créer le lien que je voulais. Des histoires amicales, d'amour où je laissais l'autre me maltraiter, sans comprendre pourquoi je n'arrivais pas à faire autrement.
J'ai longtemps souffert de cela. En silence.
Parce que je ne savais pas encore nommer ce qui se passait.
Ce qui a tout déclenché
C'est mon désir de construire une autre relation avec mon fils qui m'a finalement motivée à me former.
En 2019, j'ai démissionné d'un CDI fraîchement signé. J'ai suivi une formation de Coach pendant un an. Et pendant les trois années suivantes, j'ai appliqué ce que j'apprenais de façon constante. D'abord dans ma vie de mère, puis dans ma vie professionnelle.
Parce que ma vie professionnelle était devenue, sans que je l'aie cherché, un terrain d'entraînement permanent. Je n'avais jamais été aussi challengée.
Lorsque j'ai créé ma Société en 2021, après 12 mois d'errance, j'ai appris ce que je vendais, à qui je le vendais et comment le vendre. Mon offre était claire : de la prévention du burnout pour les Dirigeants, sous le nom de Performance Consciente™.
Je pensais alors que le plus difficile était derrière moi. En réalité, il ne faisait que commencer, et pour une raison que je n'avais pas anticipée.
Performance Consciente™ se vendait, mais lentement. Et surtout, la plupart des personnes qui venaient à moi étaient déjà épuisées, parfois au bord de la rupture.
Or le coaching ne peut pas faire son travail quand quelqu'un souffre à ce point : ce n'est pas son objet. La prévention, elle, arrive souvent trop tard, parce qu'on attend d'aller mal pour s'en préoccuper. Je proposais quelque chose d'utile, mais je le proposais à des personnes qui avaient déjà besoin d'autre chose.
Pour la première fois de ma carrière professionnelle mon activité dépendait directement de ma capacité à : me rendre visible, entrer en contact, proposer, continuer malgré le silence, l'incertitude ou les refus répétés.
Apprendre à vendre m'avait demandé quelques mois. Apprendre à continuer à vendre malgré le silence, les refus et l'incertitude, m'a demandé près de trois ans.
C'est cette tension face à l'exposition répétée que j'ai appris, bien plus tard, à nommer : l'Anxiété d'Exposition Commerciale.
Pour tenir dans la durée, j'ai cherché des ressources partout. Les outils du coaching d'abord, ceux que j'apprenais à utiliser sur moi-même avant de les proposer aux autres.
Mais aussi des explorations que je n'aurais probablement jamais faites si je n'avais pas eu besoin de trouver comment m'épuiser moins dans mon parcours entrepreneurial.
Ce discernement, je ne l'avais pas naturellement. Je l'ai construit progressivement, à force d'essais, de retours en arrière, de pleurs et d'une honnêteté croissante envers moi-même sur ce qui avait besoin de mon attention.
Ce que je sais aujourd'hui, c'est que ces explorations n'auraient pas eu lieu si j'étais retournée dans le salariat.
Ce que l'entrepreneuriat a réglé sans que je le lui demande
Je n'avais pas prévu que prospecter m'apprendrait à poser des limites.
Que créer du contenu m'apprendrait à assumer ce que je pense sans chercher l'approbation des autres.
Que proposer mes services m'apprendrait à ne plus laisser les autres décider de ma valeur à ma place.
Et puis, il y a quelque chose que j'ai mis du temps à comprendre sur moi-même. Pendant près de 40 ans, je gardais mes distances avec les interactions sociales. Parce que je n'avais pas les outils pour gérer ce que ces interactions déclenchaient en moi.
Les autres ne manquaient pas de me le rappeler, parfois avec bienveillance, souvent avec maladresse.
Depuis 2021, j'ai les outils. J'ai appris à communiquer, à écouter, à entrer en relation, à poser des limites.
J'adore rire. J'adore échanger, vraiment, quand la conversation a du sens. Mais j'adore aussi la solitude. Et la ressource qu'elle m'offre. Ce silence dans lequel je me recharge, dans lequel je pense, dans lequel je crée.
Ce n'est pas un paradoxe. C'est simplement qui je suis. J'ai aussi fait la paix avec mon introversion. J'ai cru qu'elle était un handicap pour me montrer, proposer mes services, vendre. J'ai compris que non : elle change seulement la manière dont je le fais.
Sans le vouloir vraiment, mes difficultés dans l'entrepreneuriat m'ont appris à faire la paix avec des choses personnelles que je n'arrivais pas à gérer depuis des années.
Et un matin, sans l'avoir prévu, après un RDV à la CCI, j'ai pleuré ma grand-mère. Plus de dix ans après son décès. Un deuil que je n'avais jamais fait. Que je ne savais pas que je n'avais pas fait et que j'ai pleuré pendant 1 an.
Plus les années passent, plus je solidifie une paix intérieure que je n'aurais jamais imaginée possible il y a 5 ans, avant de me former.
Ce que j'ai compris
Lorsque j'ai créé ma Société, je pensais que le plus difficile serait d'apprendre à vendre.
Avec le recul, je comprends que je n'ai pas traversé une seule difficulté. J'en ai traversé deux. La première consistait à construire une stratégie commerciale claire. La seconde à continuer à l'appliquer malgré ce que l'Exposition Commerciale activait chez moi.
C'est précisément cette seconde difficulté qui m'a demandé le plus de temps.
Ce sont exactement les deux dimensions que je formaliserai plus tard dans le Référentiel SRC™ : la Structure, savoir quoi faire, et la Régulation, continuer à le faire sans s'épuiser.
En m'exposant commercialement, en faisant face au silence, aux refus, au ghosting et à l'incertitude, j'ai compris que l'entrepreneuriat ne révélait pas seulement des compétences commerciales.
Il révélait aussi mes mécanismes d'évitement, mon rapport aux autres, mes difficultés à poser des limites, mon besoin d'approbation et des parties de moi que j'avais appris à contourner depuis longtemps.
Concrètement, cela ressemblait à de la procrastination commerciale, à des phases où j'accélérais avant de tout abandonner, à cette peur de me montrer en vidéo. Je croyais que ce combat était le mien, seule dans mon coin.
Jusqu'au jour où j'ai commencé à en parler sur LinkedIn : dès que j'évoquais ma difficulté à prospecter, à proposer mes services, à tourner des vidéos, les réactions affluaient.
Je découvrais que beaucoup d'autres vivaient exactement la même chose, en silence eux aussi.
C'est cette prise de conscience qui a fait naître mon repositionnement en 2026. Avec Performance Consciente™, je faisais de la prévention du burnout, mais la prévention se vend mal, car tant que rien ne fait mal, personne ne s'en préoccupe, et les rares personnes qui venaient étaient déjà trop épuisées pour que le coaching opère.
J'ai compris que ma place n'était pas dans la prévention, mais là où le besoin est déjà présent et ressenti : auprès des Dirigeants Solo/TPE et des Commerciaux qui peinent à vendre, non par manque de compétence, mais à cause de tout ce qui use en silence dans cet effort, dans un contexte où les clients n'achètent plus comme avant.
C'est ainsi qu'est né Vente Consciente™.
Parce qu'apprendre à vendre ne suffit pas toujours. Encore faut-il apprendre à continuer, sans s'épuiser, malgré le silence, les refus, les doutes et l'incertitude économique.
Charlène SOUVENT
Coach professionnelle certifiée RNCP
Vente Consciente™ aide les Dirigeants Solo/TPE et les Commerciaux à comprendre puis à lever ce qui influence leurs résultats commerciaux, afin d'agir au bon endroit.



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