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Vos prospects ne répondent pas : que pouvez-vous réellement conclure de leur silence ?

il y a 4 jours
9 min de lecture

Vous envoyez un message à un prospect et il ne répond pas. Vous relancez quelques jours plus tard, sans davantage de réponse.


Ou peut-être avez-vous déjà échangé avec lui. Le rendez-vous semblait positif, vous avez envoyé votre proposition commerciale et, depuis, plus rien.


Face à ce silence, il est tentant de chercher immédiatement une explication. Le message n'était peut-être pas assez convaincant. Le prix est peut-être trop élevé. Le prospect n'est finalement pas intéressé. Il faudrait probablement mieux relancer.


Toutes ces explications sont possibles. Mais tant que votre prospect ne vous a pas donné cette information, elles restent des hypothèses.


Vous connaissez le résultat : votre prospect ne répond pas. Vous ne connaissez pas nécessairement la raison de son silence.


Cette distinction est importante, car l'explication que vous allez retenir influencera probablement ce que vous déciderez de faire ensuite : réécrire votre message, modifier votre offre, baisser votre prix, changer votre manière de relancer ou ne rien modifier pour le moment.


Le silence d'un prospect est une information, mais pas nécessairement une explication.


Pourquoi un prospect peut-il ne pas répondre ?

Les raisons possibles sont nombreuses. Votre prospect peut ne pas avoir vu votre message, l'avoir lu puis oublié, attendre une information, devoir consulter une autre personne ou avoir d'autres priorités.


Il peut comparer plusieurs solutions, ne pas percevoir suffisamment l'intérêt de poursuivre la conversation, considérer que votre offre ne lui convient pas ou avoir choisi une autre solution. Il peut aussi ne plus souhaiter avancer et ne pas vous le dire.


Le problème n'est pas que ces explications soient impossibles. Elles le sont toutes dans certaines situations.


Le problème apparaît lorsque l'une d'elles devient une certitude alors que vous ne disposez pas d'informations permettant de la distinguer des autres.


Si un prospect vous dit que votre proposition dépasse son budget, vous disposez d'une information sur le prix. S'il vous explique qu'il ne comprend pas ce qui différencie votre accompagnement d'une autre solution, vous disposez d'une information sur la compréhension de votre proposition.


Mais s'il ne dit rien, son silence ne vous permet pas, à lui seul, de conclure que le prix, le message ou l'offre explique son absence de réponse.


Cela ne signifie pas qu'il faille renoncer à formuler des hypothèses. Un diagnostic commercial en a besoin. Cela signifie simplement qu'une hypothèse doit rester une hypothèse tant que les informations disponibles ne permettent pas de la consolider.

Prenons un exemple.


Vous envoyez une proposition commerciale après plusieurs échanges avec un prospect et celui-ci ne répond plus. Vous pourriez interpréter son silence comme une réaction au prix et décider de revoir vos tarifs pour les prochaines propositions.


Peut-être auriez-vous raison. Mais votre prospect peut également attendre une validation interne, avoir changé de priorité, comparer votre proposition avec une autre ou avoir décidé de ne pas poursuivre sans vous en expliquer la raison.

Le fait observable reste le même : aucune réponse après l'envoi de la proposition.

« Mon prix l'a fait fuir » constitue déjà une interprétation. « Je dois baisser mon prix » est une décision prise à partir de cette interprétation.


C'est la raison pour laquelle je distingue :

FAIT → INTERPRÉTATION → DÉCISION


L'objectif n'est pas d'empêcher la décision. Il est de regarder si l'interprétation sur laquelle elle repose est suffisamment soutenue par ce que vous savez réellement.


👉 À lire aussi : « Votre offre ne se vend pas : comment savoir si le problème vient vraiment de l'offre ? » pour distinguer un résultat commercial de ce qu'il permet réellement de diagnostiquer dans votre offre.


Un silence isolé et des silences qui se répètent ne produisent pas les mêmes informations

Un prospect qui ne répond pas vous apprend peu de choses sur la raison individuelle de son comportement.


Mais plusieurs observations réalisées dans des conditions comparables peuvent commencer à vous apprendre quelque chose sur votre système commercial.


Imaginons que vous contactiez régulièrement des prospects correspondant précisément à votre cible, avec une même approche, et que très peu de conversations démarrent.


Vous ne savez toujours pas pourquoi chaque personne, individuellement, n'a pas répondu. En revanche, vous commencez à disposer d'une autre information : dans les conditions actuelles, cette manière de créer la rencontre produit peu de réponses.


La nuance est importante.

Vous ne pouvez toujours pas affirmer que « le message est mauvais ». Mais vous disposez désormais d'une régularité qui peut justifier d'examiner le ciblage, le message, le canal utilisé ou la manière dont votre proposition est présentée.


C'est ici que la 🏗️ Structure peut être interrogée.

Le ciblage mérite peut-être d'être examiné si les personnes contactées correspondent imparfaitement à celles pour lesquelles l'offre a été construite.


Le message peut devenir une hypothèse si les retours disponibles montrent régulièrement une difficulté à comprendre l'intérêt de la prise de contact.


L'offre ou la proposition de valeur peuvent également être examinées si les conversations existent, mais qu'une même difficulté apparaît lorsqu'elles sont présentées.


Le moment auquel le silence apparaît apporte lui aussi une information.


Un prospect qui ne répond pas à une première prise de contact et un prospect qui devient silencieux après trois rendez-vous et l'envoi d'une proposition se trouvent dans deux situations différentes.


Dans le premier cas, il a peut-être très peu rencontré votre offre. Dans le second, vous disposez déjà d'un historique commercial plus riche pour examiner ce qui s'est passé avant le silence.


Dire simplement « mes prospects ne répondent pas » peut donc regrouper des situations très différentes.


Identifier où le silence apparaît et ce qui s'est produit avant lui permet de mieux délimiter ce qu'il est pertinent d'examiner.


👉 À lire aussi : « Référentiel SRD™ : 🏗️ Structure, 🧘 Régulation et 🚀 Déploiement » pour distinguer ce qui relève de ce qui a été construit, de ce qui est réellement exécuté et de ce qui peut influencer votre manière d'agir ou de décider commercialement.


🚀 Avez-vous suffisamment rencontré le marché pour interpréter ces silences ?

Une autre question se pose alors : combien d'observations avez-vous réellement pour interpréter ce qui se passe ?


Trois prospects contactés et trois silences produisent trois observations. Cela ne permet pas nécessairement de conclure que votre ciblage, votre message ou votre offre doivent être modifiés.


À l'inverse, contacter davantage de prospects ne vous donnera jamais automatiquement accès à la raison individuelle de chaque silence.


Le 🚀 Déploiement joue ici un rôle différent. Il permet de regarder dans quelle mesure ce qui avait été construit a réellement rencontré le marché et produit suffisamment d'informations pour commencer à l'évaluer.


Être suffisamment déployé signifie avoir suffisamment mis une stratégie au contact du marché pour produire des informations utiles à son évaluation et à la décision suivante.


Cela ne signifie pas qu'après un certain nombre de prises de contact, vous saurez nécessairement pourquoi les prospects ne répondent pas.


Cela signifie qu'en multipliant des rencontres suffisamment comparables, certaines régularités peuvent commencer à apparaître et permettre de tester plus sérieusement certaines hypothèses.


C'est aussi ce qui évite de modifier trop rapidement une stratégie après quelques silences.


Ou, à l'inverse, de continuer indéfiniment de la même manière alors que les observations accumulées commencent à interroger clairement un élément de ce qui a été construit.


👉 À lire aussi : « Combien de prospects faut-il contacter pour savoir si sa prospection fonctionne ? » pour approfondir la notion de Déploiement suffisant et ce que le volume de prospection permet réellement d'apprendre.

Tout ce qui se passe dans une vente ne dépend pas de vous

Même lorsque votre stratégie a suffisamment rencontré le marché, une limite demeure : toutes les décisions commerciales ne sont pas sous votre contrôle.


Je ne considère pas la vente comme une mécanique dans laquelle il suffirait d'appliquer les bonnes techniques, de produire les bons contenus ou de trouver les bons arguments pour obtenir un oui.


Une vente est une rencontre entre ce que votre entreprise propose et une personne qui reste libre de sa décision.


Votre responsabilité consiste à travailler ce qui dépend de vous : rendre votre expertise compréhensible, construire une offre pertinente, choisir les personnes que vous souhaitez rencontrer et créer des occasions de rencontre.


Elle consiste aussi à déployer suffisamment votre système, écouter les réactions du marché et ajuster ce que ces informations justifient réellement de modifier.


Mais votre prospect conserve la sienne. Il peut accepter, refuser, attendre, comparer, changer de priorité ou ne rien dire.

Cela ne signifie pas que vous ne pouvez rien influencer.


Un message plus clair peut faciliter la compréhension. Un ciblage plus précis peut augmenter la pertinence de vos prises de contact. Une offre mieux construite peut faciliter la décision. Une relance peut remettre un sujet dans l'attention d'un prospect.


Mais influencer les conditions dans lesquelles une décision est prise n'est pas contrôler cette décision.

Cette distinction évite deux conclusions opposées.


La première consisterait à penser que, puisque le prospect reste libre, ses réactions ne peuvent rien vous apprendre. Or elles peuvent apporter des informations précieuses pour faire évoluer votre système commercial.


La seconde consisterait à considérer que chaque silence prouve nécessairement que vous avez mal fait quelque chose.


Tout résultat commercial insatisfaisant ne prouve pas qu'une erreur doit être trouvée et corrigée.

Votre responsabilité consiste à examiner ce qui dépend de vous, pas à inventer une erreur pour expliquer chaque décision qui ne dépend pas entièrement de vous.


Faut-il relancer un prospect qui ne répond pas ?

Relancer peut être pertinent parce qu'une relance crée une nouvelle occasion de rencontre.


Elle peut remettre le sujet dans l'attention du prospect, apporter une information supplémentaire, demander où en est une décision ou permettre à la personne de vous indiquer qu'un projet est reporté ou abandonné.


Il n'existe cependant pas de cadence universelle qui garantirait une réponse.


Le nombre et le rythme des relances dépendent notamment du contexte commercial, de la relation déjà engagée, du canal utilisé, du parcours de vente et de ce qui avait été convenu avec le prospect.

Surtout, une relance peut elle aussi rester sans réponse.


Dans ce cas, elle vous a donné une nouvelle occasion d'obtenir une information. Elle ne vous garantit ni cette information, ni l'accès à la raison du silence.


À un moment, il peut donc devenir plus utile de décider que de continuer à chercher une explication que le prospect ne vous donne pas.


Vous pouvez choisir de relancer une dernière fois, laisser du temps, classer l'opportunité, poursuivre votre prospection auprès d'autres personnes ou modifier un élément de votre système si suffisamment d'observations convergent dans cette direction.


Vous n'avez pas toujours besoin de connaître la raison exacte du silence d'un prospect pour prendre votre prochaine décision commerciale.


Quand le silence commence à influencer vos propres actions

Jusqu'ici, nous avons surtout regardé ce que le silence permet d'apprendre sur la situation commerciale.


Mais il peut également devenir utile d'observer ce qui se passe dans vos propres actions.

Si, au fil des silences, vous relancez de moins en moins, passez davantage de temps à préparer chaque message, modifiez continuellement votre offre ou commencez à repousser certaines prises de contact, la question n'est plus uniquement de savoir pourquoi les prospects ne répondent pas.


Les expériences commerciales commencent peut-être à influencer votre manière d'agir ou de décider.


C'est à ce moment que la 🧘 Régulation peut devenir une dimension pertinente à examiner.


Pas comme explication automatique d'une difficulté à relancer, mais parce que les observations montrent que quelque chose évolue dans la manière dont les actions commerciales sont vécues ou exécutées.


👉 À lire aussi : « Pourquoi certaines actions commerciales deviennent-elles plus difficiles à répéter avec le temps ? » pour examiner ce qui peut se passer lorsque les compétences restent présentes mais que certaines actions deviennent progressivement plus coûteuses, hésitantes ou moins régulières.


Avant de changer quelque chose, regardez ce que le silence vous apprend réellement

Lorsqu'un prospect ne répond pas, vous pouvez chercher à comprendre ce qui se passe sans prétendre connaître une raison qu'il ne vous a pas donnée.


Regardez si le silence est isolé ou s'il se répète dans des conditions comparables. Observez à quel moment du parcours il apparaît, ce qui s'est passé avant et les autres réactions dont vous disposez.


Demandez-vous également si votre stratégie a suffisamment rencontré le marché pour que ces observations commencent à interroger réellement votre 🏗️ Structure, ou si vous avez encore besoin de 🚀 Déploiement pour disposer d'informations plus solides.


Et si les silences commencent progressivement à modifier votre propre manière d'agir ou de décider, la 🧘 Régulation peut alors devenir une autre dimension à explorer.


L'objectif n'est pas d'expliquer chaque silence. Il est de modifier ce qui mérite réellement de l'être sans attribuer au prospect une raison qu'il ne vous a pas donnée.


Votre responsabilité commerciale n'est pas d'obtenir mécaniquement un oui. Elle consiste à faire votre part du travail : construire ce qui doit l'être, le déployer suffisamment, observer ce que produit la rencontre avec le marché et décider de ce qui mérite réellement d'être ajusté.


Le prospect, lui, reste libre de répondre, d'attendre, de comparer, de refuser, d'accepter ou parfois de ne rien dire.


Le silence mérite donc d'être observé. Il n'a pas besoin d'être transformé en certitude pour vous permettre de décider de la suite.


Vos prospects ne répondent pas et vous ne savez pas ce que leur silence permet réellement de conclure ?


Avant de modifier votre message, votre offre ou votre manière de prospecter, il peut être utile de distinguer ce que vos résultats vous apprennent réellement de ce que vous supposez encore.


Vente Consciente™ explore le visible et l'invisible de vos résultats commerciaux, pour mieux comprendre ce qui mérite réellement d'être travaillé.


Charlène SOUVENTVente Consciente™

Coach professionnelle certifiée RNCP

Spécialisée en Visibilité Digitale & Développement Commercial

 
 
 

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